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September 4th, 2022

Ceci est une traduction de l’article de référence de Jack Laing sur orgtech, les technologies de création de l’entreprise-réseau.

Les géants de l'Internet extraient la valeur économique des plateformes qu'ils ont façonnés. Ils utilisent les réseaux afin de résoudre les inefficiences des marchés, telles que la recherche de contrepartie. Ils réduisent drastiquement les coûts de transaction et de recherche d'information, en contrôlant la mesure et les standards de la qualité, en manipulant les prix de marché, et en agrégeant les fournisseurs. Les algorithmes de recherche et de tri vous dirigent vers les produits, les avis d'autres consommateurs vous permettent de les évaluer, et votre propre comportement alimente de futures recommandations. Ce sont les capacités sous-jacentes à la plupart des plateformes actuelles, depuis Uber jusqu'à Amazon, en passant par l'App Store d'Apple.

Le succès de ces marchés-réseaux est si massif que beaucoup ont prédit la fin prochaine de l'entreprise traditionnelle. La fragmentation de la firme a été annoncée, et nous la constatons déjà au vu de la vague déferlante du travail à la tâche, ou "gig economy". Cette hypothèse est fondée sur la théorie de la firme, qui postule que les entreprises ne sont justifiées que lorsque les transactions de marché sont plus coûteuses que la coordination interne de l'organisation. En employant les nouvelles technologies de l'information pour réduire les coûts de transaction des marchés par rapport aux coûts de coordination internes à la firme, il est théoriquement envisageable de se passer complètement de firmes.

Cependant, ces théories ignorent certaines caractéristiques uniques des firmes ne relèvant pas de l'économie des transactions.

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September 4th, 2022

Dans ce dernier volet, nous proposons d'aborder Aragon sous un angle plus concret, en examinant d'une part l'organisation même du projet, et d'autre part les plus importants cas d'usage existants ou à venir.

Aragon Flocks: la décentralisation en actes

Dès le début, les fondateurs d'Aragon ont affirmé que le projet sera créé par sa communauté, pour sa communauté, et sous le contrôle de sa communauté. Néanmoins, cet objectif devait être atteint progressivement, au fil de la construction des outils et des pratiques qui le rendait possible.

L'un des jalons majeurs sur ce chemin vers la décentralisation d'Aragon a consisté à découpler les fonctions de gestion des actifs d'Aragon (en premier lieu, les montants levés lors de l'ICO) des fonctions de développement du produit Aragon. C'est ainsi que naissent d'une part l'Aragon Association, association de droit suisse jouant le rôle d'une fondation et contrôlant les fonds, la marque, et la propriété intellectuelle du projet, et d'autre part Aragon One, société également enregistrée en Suisse et regroupant les développeurs (et les fondateurs).

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September 4th, 2022

Si Aragon est un projet à dominante technologique, ses promoteurs ont parfaitement conscience des limites d'une approche purement technique de la gestion des affaires humaines. La métaphore du système d'exploitation est utile à la création d'un catalogue d'application pour les DAOs, mais les DAOs elles-mêmes ne peuvent être réduites à des algorithmes de vote ou à des transferts électroniques de fonds.

Les DAOs existent par et pour leurs membres. Chaque DAO est un groupe humain doté d'une volonté propre, formant une réalité sociale irréductible à une collection de smart contracts. L'ensemble des DAOs est lui-même un monde complexe en émergence, qu'il serait vain de d'espérer contrôler de façon déterministe via des programmes informatiques.

En avril 2017, Luis dévoile la vision d'Aragon Network, un réseau de DAOs au service de ce monde naissant. Aragon Network est un instrument dans les mains d'une communauté de développeurs, de créateurs, d'entrepreneurs et d'investisseurs. Il donne corps à la volonté commune de ses membres, en leur permettant de décider ensemble de la gouvernance du réseau, de la gestion des ressources communes, et des services offerts aux DAOs participantes.

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September 4th, 2022

Aragon vient d'annoncer la mise à disposition sa toute nouvelle version 0.8, surnommée "Camino". Le "Camino aragonés" (ou "Chemin aragonais") est une section du chemin de pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle qui part du Col du Somport, à la frontière française. Une occasion en or pour faire le point en français sur le plus important projet actuel portant sur les DAOs.

La vision: le combat pour la liberté

En 2016, Luis Cuende et Jorge Izquierdo démarrent le projet Aragon, dont le but est de permettre de créer une entreprise ou tout type d'organisation sur Ethereum.

Que signifie "créer une entreprise sur Ethereum", et à quoi cela serait-il utile ? Comme l'expliquent Luis et Jorge dans l'une de leurs premières communications publiques, le but est à la fois économique et politique.

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September 4th, 2022

Article co-écrit avec Nicholas GS Saul.

Lors de la dernière semaine d’octobre, j’ai eu l’occasion d’assister au DecidimFest qui s’est déroulé à Barcelone au cœur d’une période mouvementée pour les sujets de démocratie et de droits numériques. Alors que nous apprenions au début de ce mois que le gouvernement espagnol a interdit des projets de plateforme basés sur des blockchains ou des DLT (Distributed Ledger Technology) comme celui proposé par le Decode Project et que le Tribunal de Catalogne a déclaré la nullité du processus de participation citoyenne proposé par la Municipalité de Barcelone, il est plus que jamais important de connaitre les initiatives promouvant la gouvernance distribuée au sein des organisations et de la société.

L’objectif du DecidimFest est de réunir différents acteurs (chercheurs, entreprises, associations, etc.) du monde entier qui développent des solutions techniques et des services de consultation participative sur la plateforme Decidim pour des organisations de tous types. L’événement permet de mesurer le pouls du logiciel libre et open source en tant qu’acteur de la transformation technologique des organisations, dans le sens d’une distribution plus démocratique de la gouvernance.

C'est donc une excellente occasion de faire (re)découvrir aux lecteurs d’OrgTech la plateforme Decidim et son rôle dans le développement d’organisations distribuées au sein du secteur privé autant que public.

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September 4th, 2022

Pour une architecture de communs cyber-physiques conforme aux principes d'Ostrom

Ceci est une traduction de l’article en anglais de Jeff Emmett publié dans le cadre d'une série portant sur l'architecture de communs cyber-physiques proposée par le projet Commons Stack.

Peu de personnes ont contribué de façon aussi décisive à la connaissance des communs qu'Elinor Ostrom, lauréate du Nobel d'Economie 2009. Ses huit principes de gestion des communs, dégagés à partir d'études de terrain effectuées auprès de communautés dans le monde entier (pêcheries dans le Maine et en Indonésie, forêts au Népal, systèmes d'irrigation en Espagne, villages de montagne au Japon...), se sont imposés comme un modèle viable d'auto-gouvernance et d'usage partagé de ressources communes, alternatif aux modèles dominants de la gestion par l'Etat et des marchés. Bien que la possibilité d'appliquer ces principes à une grande échelle demeure incertaine, de récentes recherches suggèrent que les technologies blockchain puissent y contribuer, en résolvant certaines difficultés majeures.

Le projet Commons Stack vise à faciliter la mise en oeuvre de ces principes en créant des outils et des process pour les communs "cyber-physiques", afin de permettre à des communautés d'intention de réunir et de gérer avec efficacité des ressources partagées.

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September 4th, 2022

*Le web est plus une invention sociale que technologique. Je l’ai conçu pour qu’il ait un effet social – aider les gens à travailler ensemble – et non comme un jouet technologique. * — Tim Berners-Lee, Weaving the Web, 1999

Quand on passe un appel téléphonique, on ne se soucie pas de la marque de téléphone ou de l’opérateur de son interlocuteur. De la même façon, l’envoi d’un mail ne nous oblige pas à nous préoccuper du domaine de l’adresse email du destinataire ni de son application de messagerie. Tous ces systèmes sont interopérables, c’est-à-dire qu’ils sont capables communiquer entre eux.

Nous considérons l’interopérabilité de ces systèmes de communication parfaitement naturelle, et pourtant nous sommes également habitués à ne pas en bénéficier lorsqu’il s’agit d’applications Web ou mobile. Personne ne s’étonne de ne pouvoir s’envoyer de messages entre WhatsApp et Telegram.

Aujourd’hui, nos applications ne se parlent pas. L’absence d’interopérabilité a des impacts sur le Web et sur l’économie du numérique en général, mais également sur les organisations et leur capacité à s’organiser et à coopérer.

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September 4th, 2022

The web is more a social creation than a technical one. I designed it for a social effect—to help people work together―and not as a technical toy.

— Tim Berners-Lee, Weaving the Web, 1999

When you make a phone call, you don't have to be concerned about the brand of the phone or the telecom provider of the person you are calling. In the same way, sending an email does not require us to worry about the recipient's email address or email application.

All these systems are interoperable, i.e., they are able to communicate with each other.